Prélude – Extrait CD « FACETT’ VEGA » Claude Bernard sextet 1989


Un enfant du Quartier latin

Né en 1945 à Paris dans une famille de cinq enfants, Claude Bernard habite le Quartier latin pendant toute son enfance et son adolescence, d’abord rue Saint-Séverin, et par la suite rue de la Huchette. Habitué à croiser dans la rue les plus grands musiciens de jazz américains venus jouer au Chat-qui-Pêche, aux Trois-Mailletz ou plus tard à la Grande-Séverine, il les écoute, accroupi sur le trottoir, l’oreille collée au soupirail. Ainsi, Sonny Rollins, Memphis Slim, Chet Baker, Eric Dolphy, Nathan Davis, Jackie McLean, Donald Byrd et bien d’autres constituent son terreau musical.

Adolescent, en cachette de ses parents, il écoute chaque soir sur son transistor la musique qui vient des Etats-Unis, grâce à l’émission d’Europe N°1 Pour ceux qui aiment le jazz,  de Daniel Filipacchi et Franck Ténot.

Dès le début, c’est le blues sous toutes ses formes qu’il aime par-dessus tout, et cela ne le quittera jamais.

Les premiers 45 tours achetés sont pêle-mêle : Sacha Distel avec Les Scoubidous, Henry Salvador et son Blues du dentiste, Sidney Bechet avec Dans les  rues d’Antibes et Les Oignons.

Dans les « surprises-parties », on danse le twist, entre autres sur What’d I say  de Ray Charles and the Realets, le slow sur Georgia on my mind, le rock and roll sur Lucille de Little Richard.

La révélation

Elle se produit à l’âge de quinze ans, lors du concert des Jazz Messengers du batteur Art Blakey à la salle Pleyel, avec Lee Morgan (trompette), Benny Golson (ténor), Bobby Timmons (piano), Jymie Merritt (contrebasse). A la sortie du concert, fortement impressionné, Claude décide sur-le-champ avec deux de ses amis de jouer de la musique. Dès le lendemain, ils louent des instruments, batterie et trompette pour les deux copains, et saxophone alto pour Claude.

Il écoute ses premiers 33 tours de jazz à la Paillote, rue Monsieur-le-Prince : Charlie Parker (Parker’s Mood, Au Privave, Koko), John Coltrane (Blue Train), Sonny Rollins (Blue Note Volume 2, Misterioso),  Lightning Hopkins (Automobile Blues), les frères Adderley (Dat Dere, Work Song, This Here). Et bien sûr Art Blakey et les Jazz Messengers (Au Club Saint-Germain 1958, deux albums enregistrés en live).

Premier concert des trois adolescents, quelques mois plus tard, sur la scène du lycée Charlemagne pour la fête du baccalauréat. Les organisateurs bacheliers congratulent et encouragent ce trio de gamins en les comparant à Sonny Rollins et Don Cherry pour leur plus grand étonnement ! Feu vert pour la suite…

Les trois ados décident alors de prendre sérieusement des cours de musique. Favorable à tout ce qui est artistique, la mère de Claude lui offre un saxophone alto Buffet-Crampon… C’est elle aussi qui lui offrira ses cours de saxophone au Conservatoire municipal de la rue du Cardinal-Lemoine, puis des cours privés avec Jean Ledieu, professeur au Conservatoire national de Paris. Jean Ledieu est également le spécialiste du saxophone baryton au sein du quatuor Daniel Deffayet.

En 1961, le groupe amateur Severin’s Quintet est désormais constitué et s’entraîne dans la cave voûtée de l’immeuble où habite Claude, entre les réserves de charbon et les colonies de rats.

Le groupe joue pour la deuxième fois en public au Bal du droit, place du Panthéon, en première partie des concerts de Memphis Slim, puis de Peanuts Holland et Albert Nicholas. Les trois géants sont assis au premier rang pour écouter les jeunes musiciens, qui ont fort à faire pour dominer leur trac…

A cette époque et jusque dans les années 1970, pour se procurer les disques venus des Etats-Unis il faut patienter parfois près d’un an. On les trouve alors chez Gibert Jeune place Saint-Michel, ou chez Dolo Music rue Clotaire. Pour ce qui est des partitions de jazz hard-bop, il faut les commander chèrement chez Doléjal à Genève.

Débuts professionnels

Claude Bernard joue ainsi en amateur pour toutes sortes d’occasions jusqu’en 1968. Période riche en ouvertures de toute sortes.

Sa recherche fondamentale tout au long de sa vie d’altiste sera axée sur le travail du son de l’alto pouvant devenir ténor.

Il rencontre Jo Maka (altiste), un musicien toujours souriant, proche de Manu Dibango à qui Claude sera présenté.

Revenu de seize mois de service militaire, il décide de pratiquer la musique professionnellement. C’est la période où la New Thing et le Free Jazz arrivent en France, où les idées musicales, l’approche de l’improvisation et la pratique de la Musique improvisée effacent pour quelque temps les idées du be-bop et du hard-bop, qui paraissent alors dépassées.

Il s’agit de monter sur scène et d’y retrouver les musiciens sans avoir répété quoi que ce soit !

• Dans ces années-là, Claude Bernard participe aux réunions musicales de l’American Center boulevard Raspail, où il rencontre Frank Wright, Muhammad Ali, Noah Howard, Bobby Few, Bob Reid. Il joue également avec Michael Smith au Centre culturel américain rue du Dragon. Les concerts y sont organisés par Maurice Cullaz.

• Il rencontre le batteur Ron Pittner, le bassiste Kent Carter et le vibraphoniste Robert Wood, avec lesquels il joue dans le groupe Free Exit fondé par Ron Pittner.

• Il suit les cours de philosophie de Gilles Deleuze à la faculté de Vincennes. Il en retiendra notamment la notion de « pli », où il est question de se trouver, en tant que musicien improvisateur, comme le surfeur, sur le pli de la vague.

• Il forme le groupe L’Ensemble d’Improvisation avec le pianiste Richard Marachin.

Avec lui et ce groupe, il se joint aux soirées d’improvisation libre rue Pavée, dans le vaste appartement du peintre Jacques Berger qui accueille chez lui tous les improvisateurs libres, aussi bien américains que français.

• En 1969, il joue avec le pianiste Siegfried Kessler au River-Bop rue Saint-André-des-Arts.

• Dans la même rue, il joue au Caméléon avec la chanteuse Marva Broom, Kent Carter et Ron Pittner.

• Plusieurs soirs au Sélénite rue Dauphine, avec les mêmes musiciens, il accompagne le chanteur breton Alan Stivell.

Années 1970

• Il rencontre Steve Lacy et son groupe (Steve Potts, alto, Irène Aebi, violoncelle et chant, Kent Carter, contrebasse, et Oliver Johnson, batterie). Steve Lacy l’invite à se joindre à eux pour quelques concerts.

• Il participe au festival du Printemps de Verderonne avec le Dance Theatre Experience de la danseuse et chorégraphe Suzan Buirge. Il interprète « l’été » en duo avec Suzan dans sa chorégraphie des Quatre Saisons.

• Il travaille pour de nombreuses performances avec les Ballets de la Cité de Catherine Atlani. En 1972, le groupe Free Exit crée la musique de ballet Poème pour ces mêmes Ballets de la Cité.

• En tant que membre de l’ADMI (Association pour le développement de la musique improvisée, présidée par Didier Levallet), il participe au concert Manifeste.

• Le groupe Free Exit, augmenté de Didier Levallet, contrebassiste, et de Gilles Tinayre au clavier, joue en première partie du quartet de Ben Webster lors du concert de l’ORTF. De l’enregistrement live de ce concert, un disque 33 tours verra plus tard le jour, The Indigo Mirror and the Ivory Dot, sous le nom de Ron Pittner.

• 1973 : Claude participe aux premières expériences sonores et saxophonistiques de Urban Sax, dirigé par Gilbert Artman.

• En 1974, au festival du journal Politique Hebdo à Lyon avec le big band de musique improvisée Opération Rhino, Claude Bernard (sax alto) il retrouve Jacques Berrocal, Itaru Oki et Daniel Deshays (trompettes), Raymond Boni, Patrice Raux et Mallot Vallois (guitares électriques), Richard Raux (sax ténor) et Evan Chandlee (clarinette basse), Alain Pinsolle (vibraphone), François Tusques (piano), Philippe Pochan (violoncelle), Pierre Bastien, Dominique Christian et Harald Kenietzo (contrebasses), Mino Cinellu (percussions), Gilbert Artman (batterie) et Tonia Munuera (chant et tuba).

• Composition originale pour le Théâtre sur la Place de Gérard Berregard pour l’adaptation de la pièce George Dandin de Molière. Tournée en Afrique subsaharienne avec ce spectacle sous le patronage des ministères de la Coopération, de la Culture et des Affaires étrangères : Niger, Mali, Haute-Volta (l’actuel Burkina Faso), le tout en costumes 19ème siècle par une température de plus de 40° ! Au cours de cette tournée, à Niamey, Claude croise la route de Mickey Baker, guitariste et chanteur de blues, ancien musicien du groupe de Ray Charles, et joue un concert en plein air avec lui. La tournée du spectacle se poursuivra en France pendant les deux étés suivants (villages de vacances du comité d’entreprise de l’EDF, côte bretonne, Côte d’Azur…).

• Avec le groupe d’Alain Pinsolle où joue également Jean-Jacques Avenel (contrebasse), il se produit plusieurs années de suite en concert à la Fête de l’Huma ainsi qu’à la Fête du PSU. Il joue avec le trompettiste japonais Itaru Oki, qui s’installe en France, et avec Mototeru Takagi (ténor).

• A partir de 1974 et pour de nombreuses années, collaboration soutenue et compositions musicales pour plusieurs ballets, avec la compagnie Le Four Solaire d’Anne-Marie Reynaud et d’Odile Azagury, chorégraphes et danseuses. Elles mettent en scène le « saxophoniste personnage », costumé et intégré à la situation théâtrale. Elles feront partie du groupe expérimental de Carolyn Carlson à l’opéra Garnier.

• Claude Bernard est engagé au pupitre de saxophone baryton et alto auprès de Jouk Minor (baryton), dans le big band d’Alan Silva Le Celestrial Communication Orchestra, dans le même esprit d’improvisation collective qui domine à cette époque-là.

• 1975 : duo avec Raymond Boni (guitare) au Festival de Massy, La Vieille Grille. Interviews à Radio France avec Philippe Carles, Daniel Mermet.

• Trio au River-Bop avec Bernard Lubat (batterie) et Raymond Boni.

• 1976 : tournée en Pologne au Festival de Varsovie avec le Michael Smith Quartet. Michael Smith (piano), Kent Carter (contrebasse), Laurence Cook (batterie). Le disque de Michael Smith Geomusic est enregistré au cours du festival (Free Music Production), augmenté de deux musiciens polonais : Jacek Bednarek (contrebasse) et Zbigniew Namyslowski (sax alto).

Retour de tournée par Berlin-Est,  puis Berlin-Ouest.

Au retour en France, concerts avec le même groupe, mais sans les Polonais (interdits de sortie), au Nouveau Carré Silvia Monfort ainsi qu’à l’American Center.

• 1976 : sortie du disque Paris Days de Takashi Kako (piano), avec Itaru Oki (trompette), Claude Bernard (sax alto), Kent Carter (contrebasse), Oliver Johnson (batterie). Le disque est produit par Trio Records (Tokyo). La presse japonaise salue le disque. Parution d’articles et d’interviews dans les magazines japonais Jazz Life et Jazz Critique.

• 1976 : concerts en trio au Palais des Arts avec Raymond Boni et Jacques Berrocal.

• Disque de Jacques Berrocal, Parallèles : Claude Bernard (alto sax, petit et grand tuyau à anches) avec Bernard Vitet (violon, cor, trompette), Roger Ferlet (percussions, machine à écrire), Michel Potage (speaker), Philippe Pochan (violoncelle), Pierre Bastien (contrebasse), Richard Marachin (piano). Invité : Vince Taylor. Production D’Avantage.

• 1976 : concert avec Itaru Oki Quartet en première partie de Pharoah Sanders au Festival de jazz de Châteauvallon, à l’Espace Cardin et à l’Espace Japon avec Jean-Jacques Avenel à la contrebasse et Jacques Thollot à la batterie.

• L’année suivante, le saxophoniste soprano et compositeur Steve Lacy sollicite Claude Bernard en tant qu’assistant pour diriger les ateliers de saxophone durant le Festival de jazz de Châteauvallon. A l’issue du stage, en première partie du trio de Sam Rivers, Dave Holland et Barry Atchul, est créé un « phenomenal big band » d’une quarantaine de saxophonistes dirigés par Steve Lacy et Claude Bernard, qui se produira sur la grande scène accompagné par la section rythmique : Bobby Few, Kent Carter, Jean-Jacques Avenel et Oliver Johnson.

• Disque Kent Carter Solo with Claude Bernard enregistré au Château de Maignelay, sous le label Sun Record.

• Festival de Lubjana (Yougoslavie) avec Itaru Oki (trompette), Michel Saulnier (contrebasse) et Oliver Johnson (batterie).

• De 1976 à 1977, Claude Bernard fait partie de la Compagnie Lubat : Bernard Lubat (percussions, batterie, accordéon et comédien), Claude Bernard (sax alto et comédien), Jean-Louis Chautemps (ténor), Jacques Di Donato (ténor et baryton), Norbert Letheule (comédien), Patrick Faure (danseur), Patrick Auzier (tuba et artificier). La compagnie se produit notamment au Stadium, au Palais des Arts, au Printemps de Bourges (petit chapiteau puis grand chapiteau en une semaine, entre Georges Moustaki et Claude Nougaro), ainsi qu’à la Chapelle des Lombards et au Festival d’Uzeste. Les magazines L’Express et Le Monde de la Musique consacrent au groupe leurs pages de couverture.

Toujours avec la Compagnie Lubat, concert à la Fête de l’Huma et aux Journées mondiales de l’Improvisation à Beaubourg, organisées par l’IRCAM.

• 1977 : sortie du disque Pot-Pourri Pour Parce Que en duo avec Raymond Boni, enregistré à la Vieille Grille, produit par Hat Hut Records.

• 1977-1978 : création de la musique pour les spectacles de danse Nom et Prénom d’Odile Azagury et Anne-Marie Reynaud. Nombreuses tournées en France et en Belgique et création du spectacle Allecquere aux Bouffes du Nord à Paris, au Théâtre de la Criée de Marseille, puis à la Halle aux Grains à Toulouse.

Création du spectacle Quai de l’Arrivée, joué à Arras, Louvain, Reims, Joué-lès-Tours.

Spectacle Connaissez-vous mon nom ? d’Anne-Marie Reynaud, joué à Saint-Lô, Evreux, Toulouse, Perpignan, Montpellier, Nice.

• Fin 1977 : Claude Bernard forme le groupe Simca Chrysler Ensemble, avec Patrick Auzier (trombone tuba), Jean-Jacques Avenel (contrebasse), Christian Lété (batterie). Le groupe se produit au River-Bop et au Théâtre Dunois.

• 1978-1979 : travail en duo avec Kent Carter et concerts au Nouveau Carré Thorigny et au Petit Faucheux à Tours. Sortie du disque Suspensions.

• Jazz free rock en duo, Claude Bernard et Jean-François Pauvros (guitare) au Théâtre Dunois et à Villeneuve-d’Ascq. Très vite un trio se forme avec Gaby Bizien (percussions et batterie).

• Claude Bernard se consacre à la pédagogie de l’instrument (cours particuliers, stages). Il poursuivra cette activité tout au long de sa carrière.

Interview de Jazz Magazine en 1975:

Claude Bernard : « Je suis venu au jazz il y a une quinzaine d’années, en écoutant des musiciens comme

         Parker, Rollins, en voyant le film Jazz à Newport. Avec des amis , je me suis dit: pourquoi ne pas faire la

         même chose ? – et c’est venu comme ça. J’ai pris des cours avec Jean Ledieu, au conservatoire du cinquième

         arrondissement puis, pendant plusieurs années, en cours particulier…

         Et j’ai commencé à jouer, notamment avec Siegfried Kessier au Riverbop. Puis j’ai rencontré un pianiste

         Richard Marachin qui cherchait des musiciens. Nous avons joué ensemble, il a fait venir un trompettiste

         Guy Bickel, et pour finir nous avons formé un sextette avec Ron Pittner à la batterie, mon frère et Michel

         Kaspar. C’est à ce moment-là que je suis devenu musicien à part entière, il y a six ans – je pratiquais mon

         instrument depuis une dizaine d’années. »

Années 1980

• 1980 : Claude Bernard forme le groupe Blue Air, qui rassemble Glenn Ferris (trombone), Olivier Hutman puis Zool Fleischer (piano), Jean-Jacques Avenel (contrebasse), Gérard Farroux (batterie). L’ensemble joue au Théâtre Dunois, au club Jazz Unité à la Défense, au Cloître des Lombards, au Festival de jazz d’Aulnay-sous-Bois.

• Il crée en co-composition avec Henry Gendrot la musique du ballet d’Anne-Marie Reynaud Impasse Félicité. Création du spectacle aux Bouffes du Nord, suivie d’une tournée dans de nombreuses villes de province.

• Il joue au sein du quartet de Michel Saulnier (contrebasse), avec Gérard Marais (guitare) et Youval Micenmacher (batterie).

• Claude Bernard crée un spectacle de danse, musique, peinture : Miroir à Trois Faces avec Bernadette Doneux (danse), Gérard Marais (guitare), Jean-Pierre Demeaux (peinture) et Hassan Kaptan (peinture). Ce spectacle se déroule au Studio du Four Solaire, rue Basfroi à Paris.

A la même période et dans le même studio, Claude Bernard donne des cours collectifs (ateliers et stages de danse, musique, improvisation) pour danseurs et musiciens, avec Bernadette Doneux (danse), Pierre Marcault (batterie, percussions africaines), John Faure (guitare). D’où sera créé le groupe E.V.A. (qui signifie « En voiture Arlette ! ») avec les mêmes musiciens, plus Jean-Luc Ponthieux (contrebasse). Ce groupe se joindra au groupe Léonard pour former E.V.A. et Léonard, groupe réunissant Bernadette Doneux, Bruno Dizien, Isabelle Dubouloz (danseurs) et le comédien Gabriel Nordmann. Leur travail sera présenté au Musée d’Art moderne de Paris, au Théâtre Dunois et au Théâtre de la Bastille, dans une pièce intitulée Echos Minuscules.

• Claude Bernard joue dans le spectacle de Jean Martin, bateleur issu de l’équipe de Dorothée à la télévision. Sabine Breuillot est au sax ténor. Intitulé Martin Around The Clock et présenté d’abord au Festival Folie Douce à Villette, le spectacle part en tournée en province. Notamment sur la patinoire de Chamonix en plein hiver, où les artistes doivent se produire en T-shirt. Doigts gelés et saxophones froids !

• 1983 : première Fête de la musique officielle à Paris. Claude Bernard joue avec le groupe chrétien des Orphelins d’Auteuil Talitakoum de Jacques Rondreux (batterie, percussions), avec Jeff Fierling (ténor), Bernard Sagno (guitare), Bruno Paoli (clavier) et Stéphane Djilali (basse).

• 1983 : sur une commande de la ville de Poitiers, Claude Bernard crée un big band de dix musiciens pour Poitiers Juin 83. Avec notamment : Jean-François Canape et Itaru Oki (trompettes), Glenn Ferris (trombone), Jef Sicard et Claude Bernard (altos), Frédéric Sylvestre (guitare), Michel Saulnier (contrebasse), Steve Mc Craven (batterie).

• 1985 : Claude Bernard participe à l’événement grandiose Danseurs tous en Seine sur une initiative d’Odile Azagury. Les compagnies de danse avec leurs spectacles courts, ainsi que les musiciens, sont répartis sur différents sites le long des quais de Seine, rive droite et rive gauche. Embarqués à bord d’un bateau-mouche, entre le quai Saint-Bernard et Javel, les spectateurs découvrent les différentes prestations qui s’éclairent, résonnent et prennent vie au fur et à mesure du parcours.

• 1985 : Claude Bernard joue dans l’Opéra Jazz La Baraque Rouge de Gérard Marais (guitare et composition), dans une mise en scène de Michel Rostain. Création à la Maison de la Culture du Havre, puis au Festival international de Radio-France à Montpellier, au Midem à Cannes, à Tourcoing et au Centre Culturel de Mâcon.

• Même année : il forme son sextet Facett’ Vega, qu’il inaugure sur invitation du ministre de la Culture, Jack Lang, à l’Hôtel de Rohan (Archives nationales) à Paris 3ème, lors de la Fête de la Musique. Les premiers musiciens de ce groupe, outre Claude Bernard au sax alto, sont Colin Swinburne (guitare), Francis Lockwood (clavier), Tony Bonfils (basse), Pierre Marcault (percussions), François Laizeau (batterie).

• 1986 : co-compositeur et musicien avec John Faure pour une performance avec la compagnie de danse Terrain Vague de Jean-Christophe Bleton, au milieu des grands ensembles à Poitiers sous l’Aod Konkhe, immense bulle architecturale gonflable créée par Jacques Raimus. Chaque soir, les artistes présentent au public un spectacle différent.

• Claude Bernard donne des conférences rétrospectives sur le Jazz des origines à nos jours pour des associations, des conservatoires, ainsi qu’en milieu scolaire. Il poursuivra cette démarche à l’occasion de différentes demandes.

• Au Palais des Sports, il joue en première partie de concert de Ray Charles, avec la chanteuse Lavelle en quintet, avec notamment : Alain Lecointe (basse), Thierry Arpino (batterie). Il rencontre Ray Charles dans les loges au cours de l’entracte, qui le félicite pour son jeu à l’alto, lui serre la main des deux siennes en se tordant de rire et ajoutant « moi aussi je joue de l’alto et j’aime ça ! ».

• Pendant ce temps, le groupe de Claude Bernard, Facett’ Vega, continue de se produire : au Théâtre Dunois, au New Morning, à Nanterre pour l’association Polymusique, à la Fête de la ville de Nanterre, puis à La Dame Bleue à Ris-Orangis.

• Le 2 octobre 1987, Claude Bernard invite Steve Lacy à se joindre à son groupe Facett’ Vega à l’occasion du 4ème Festival international de Marne-la-Vallée. Dès le lendemain, le journaliste Francis Marmande lui consacre un article enthousiaste dans Le Monde.

• Claude Bernard joue avec le groupe Stratusphunk, groupe local de la région Poitou-Charentes. Il dirige une classe d’une semaine pour saxophonistes à Availles-Limouzine. L’anecdote marquante en fin de stage sera de voir sortir Johnny Griffin de chez le boucher du village alors que l’orchestre, tous instruments réunis, est précisément sur le trottoir d’en face en train de jouer Blue Monk, ce thème que Johnny Griffin avait joué avec Thelonious Monk au Five Spot de New York pour un disque Riverside ! Stupéfait de cette coïncidence surréaliste, Johnny Griffin traverse la rue avec son filet de provisions à la main et salue Claude et les musiciens avec émotion…

• Diverses interviews radio, notamment à l’émission Tempo de France Priollet pour France Musique.

Claude Bernard est invité également par Philippe Carles dans l’émission Où jouent-ils ? puis par Jean-Louis Foulquier dans son émission Pollen sur France Inter, ainsi qu’au Pop Club de José Artur.

• Sur une commande de la Maison de la Culture du Havre (Espace Niemeyer), il joue en duo avec Patricio Villaroel (piano) pour la soirée polar intitulée La Nuit Chandler.

• Joue dans la musique des films : Bâton Rouge, de Rachid Bouchareb, musique de John Faure, et dans Hold Up, d’Alexandre Arcady avec Jean-Paul Belmondo, musique de Serge Franklin.

• 1989 : le Parc Astérix sollicite Claude Bernard pour deux ans en tant que premier chef d’orchestre du parc à l’occasion de son ouverture, afin de réunir une troupe musicale polyvalente. Casting de 18 musiciens, étude des musiques du compositeur Gérard Calvi, organisation et gestion du planning quotidien d’avril à octobre sur les différents sites. Création personnelle du répertoire « jazz » pour l’orchestre jouant chaque soir sur le podium (arrangements de Jacky Liot).

• Bicentenaire de la Révolution française : commande d’Etat (ministère de la Culture) pour des arrangements des thèmes de la Révolution française en jazz dans le cadre du projet Revoluswing 89. Avec Jacky Liot.

• Juin 1989 : saxophoniste soliste sur la musique électro-acoustique de Pierre-Alain Jaffrennou, lors de la Fête Ost West du Danube de la ville d’Ulm (RFA), pour L’Homme qui vole (Donauflug), spectacle de grande dimension avec mise en lumière des monuments historiques et imagerie géante projetée sur des jets d’eau au centre du fleuve. Textes (lus ou chantés) de Brecht, Hölderlin, Nietzsche, Rilke, Exmer, Enzensberger et Paul Celan. Création mondiale.

Le spectacle sera ensuite importé en France à Toulouse au Cloître des Jacobins et adapté pour le public français avec des textes de Victor Hugo, Lamartine, Restif de la Bretonne. Brecht est alors chanté en traduction. Restent en langue allemande les chants d’après Hölderlin, Rilke, Celan, Exmer.

• Claude Bernard est musicien et comédien dans l’opéra Jumelles, livret et mise en scène de Michel Rostain d’après l’ouvrage de Marjorie Wallace (The Silent Twins), musique électro-acoustique de Pierre-Alain Jaffrennou et James Giroudon, musique scénique par Claude Bernard et Youval Micenmacher. La création a lieu à Saônora (Centre culturel de Mâcon), puis au Festival de Musique en Scène à Lyon, puis aux Ateliers du Rhin à Colmar, ainsi que salle Boris Vian à la Villette.

• Décembre 1989 : Traboules Blues, événement urbain nocturne dans le quartier des Pentes de la Croix-Rousse à Lyon, mettant en scène musique, lumières et images. Extrait du spectacle L’Homme qui vole interprété par Claude Bernard sur une musique électro-acoustique de Pierre-Alain Jaffrennou et James Giroudon.

• Le groupe de Claude Bernard, Facett’ Vega, avec maintenant Gérard Marais (guitare), Mico Nissim (clavier), Alain Lecointe (basse), François Laizeau (batterie), Pierre Marcault (percussions) sort l’album Facettes, produit par Claude Bernard et Jean-Jacques Gilles, sous le label Cerise. Le disque reçoit un accueil favorable de la presse, qui le gratifie de 4 étoiles.

Années 1990

• 15 février 1990 : Biennale européenne du Bijou à Beaubourg. Claude avec son saxophone mène la parade de carnaval à partir de l’enceinte de l’Atelier des Enfants dans le Centre Pompidou, tout autour du Forum. Les enfants poussent un géant de 4 mètres de haut habillé par leurs soins. Un film est réalisé par Geneviève Hervé.

• Pendant deux ans, Claude Bernard suit une formation de musicothérapeute au CIM (Centre international de musicothérapie à Paris). Il devient praticien.

• En 1992, il rencontre Joël Sternheimer (l’ex-chanteur Evariste), physicien formé à Princeton USA, spécialiste de la physique quantique, chercheur indépendant, qui a découvert la musique des particules, ou « protéodies ». Claude Bernard apprend d’abord auprès de lui, puis pratique la génodie avant de devenir formateur à son tour.

• 1993 : création de la musique originale de Pas si bêtes, un spectacle de théâtre d’ombres destiné aux enfants d’après les Fables de La Fontaine réactualisées, pour le Théâtre de l’Ombrelle. Avec Jacques Rondreux (percussions).

• La même année, Claude Bernard crée le concept musical Musique Images inspiré par sa formation de musicothérapeute. Il s’agit de composer spécialement une musique évocatrice d’images et de rêves. Claude Bernard (composition et saxophone), Olivier Cosson (composition, clavier et enregistrement), Jacques Rondreux (composition et percussions).

• Divers concerts avec Talitakoum, le groupe de Jacques Rondreux, jusqu’en mai 1995, où le groupe part en tournée en Turquie (Izmir), puis en Syrie (Damas, Alep).

• Août 1995 : tournée en Chine (stades de Pékin, Canton, Kunming, Shanghai) avec la chanteuse pop-star chinoise Wei Wei, devant des publics de 85 000 personnes. Le groupe se compose de Claude Bernard (sax alto), Michael Smith (piano), Sean Lean (guitare), Jonas Hellborg (basse), Anders Johansson (batterie), et d’un groupe chorégraphique moderne de six danseuses flamenco, ainsi que de plusieurs silk-danseuses.

Un disque est enregistré en trio : I believe in China, chanté par Wei-Wei, avec Claude Bernard au saxophone et Michael Smith au piano, sous le label Nioxin. Le disque sera vendu à 108 millions d’exemplaires exclusivement en Chine populaire !

• Août 1996 : Wei Wei représente l’Asie sur la grande scène du Centennial Olympic Games pour le centenaire des Jeux Olympiques à Atlanta, avec Claude Bernard (sax alto), Michael Smith (piano, synthétiseur), Bill Hatcher (guitare et basse), Yonrico Scott (batterie) devant un public de 60 000 personnes.

• De 1997 à 1999, Claude Bernard joue avec le groupe Best Friend, puis sous le nom de Claude Bernard Quintet, chez Dolo (Dolorès Cante) aux Broches à l’Ancienne, 21 rue Saint-Nicolas, Paris 12ème, tous les vendredis et samedis pour des dîners-concerts. On y trouve notamment Christophe Diop ou Itaru Oki (trompette), Philippe Jacquet (trombone), Stéphane Waldman ou Laurent Epstein (clavier), Stéphane Djilali ou Alain N’Diaye (basse), Jacques Rondreux ou José Babeu ou Christian Lété ou Manu Judith (batterie)

• Claude Bernard est formateur en génodique (musique des particules élémentaires, également appelée musique des protéines, de Joël Sternheimer). Interventions lors de conférences au ministère de la Recherche   (ex-Ecole Polytechnique).


Agencement réalisé par Aurélie Bernard.

Années 2000

• Les concerts aux Broches à l’Ancienne chez Dolo continuent d’avoir lieu pour des soirées ponctuelles ou des événements tels que la Nuit de la Saint-Valentin, la Saint-Patrick, les Fêtes de la Musique, des prix littéraires sur le jazz ou des vernissages d’expositions de peinture ou de photos.

• Janvier 2000 : hommage à Nat et Julian Cannonball Adderley par le Claude Bernard Quintet au Petit Journal Montparnasse avec la chanteuse américaine Cynthia Mac’Pherson, et les musiciens Georges Beckerich (trompette), Claude Bernard (alto), Philippe Jacquet (trombone), Stéphane Waldman (piano), Alain N’Diaye (basse), José Babeu (batterie).

• Mars 2000 : même programme aux Broches à l’Ancienne.

• Nombreux concerts privés avec divers groupes.

• A partir de 2004, tournées d’été en Belgique et au Maroc avec le big band de Bobby Rangell.

• En parallèle avec ses activités musicales, Claude Bernard se tourne vers l’écriture avec pour thèmes favoris le jazz et les musiciens qu’il a toujours aimés. Il leur consacre plusieurs nouvelles, dont Monk le Mutique, en hommage au pianiste Thelonious Monk, qui obtient le 3ème prix du Concours de nouvelles de la ville de Saint-Jean-de-Braye en 2009. Le texte est publié par Le Castor Astral/Tu Connais la Nouvelle.

• A la lecture de ce texte, Dolorès Cante propose l’idée d’en faire une lecture publique associée à la musique de jazz. Ainsi naît le concept Jazz et Lecture.

• Novembre 2009 : Dolo crée la première lecture publique de Monk le Mutique à Autour de Midi… et Minuit, club de jazz rue Lepic à Paris, en première partie du concert de Valérie Hebey. Elle est accompagnée des musiciens Hiroshi Murayama (piano) et Daiki Yasukagawa (contrebasse) qui jouent les thèmes de Monk évoqués dans la nouvelle.

• Septembre 2010 : une autre nouvelle de Claude Bernard est venue s’ajouter au répertoire de Dolo, Les Lunettes de Lee (hommage au trompettiste Lee Morgan). Dolo produit alors le spectacle Jazz et Lecture au Théâtre du Chaudron à la Cartoucherie de Vincennes. Elle lit en première partie Monk le Mutique, accompagnée par Laurent Epstein (piano), Dominique Lemerle (contrebasse) et Mourad Benhamou (batterie).

Lecture en seconde partie de la nouvelle Les Lunettes de Lee.

Suit un concert en hommage aux années 1960-70 par le quintet de jazzmen Itaru Oki (trompette), Claude Bernard (sax alto), Laurent Epstein (piano), Dominique Lemerle (contrebasse) et Mourad Benhamou (batterie).


Publicités